MacroCosmos novembre-décembre 2026
44 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2026 ASTRO PUBLISHING installation de l’Observatoire du Pa- ranal de l’ESO au Chili, ainsi que son instrument GRAVITY (maintenant connu sous le nom de GRAVITY+ suite à une mise à niveau de l’infra- structure). La capacité exception- nelle du VLTI réside dans la possibilité de combiner la lumière provenant de quatre télescopes de 8 mètres pour créer un télescope « vir- tuel » doté d’une résolution spatiale 15 fois supérieure à celle d’un téles- cope unique de 8 mètres. « Le Paranal est le seul endroit au monde où ce type d’observation est possible, car aucun autre observa- toire ne dispose de quatre téles- copes de 8 mètres capables de fonctionner conjointement comme un interféromètre » , explique le co- auteur Frank Eisenhauer, chercheur principal de GRAVITY+ et directeur au MPE. C ette image montre la trajectoire de l’étoile S301 autour de Sagittarius A*, le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie. Les losanges indi- quent les mesures effectuées avec l’instrument GRAVITY. À titre de comparaison, les dimensions de l’orbite de Neptune sont indiquées. S301 orbite autour de Sa- gittarius A* avec une période de près de 9 ans ; au cours de ce mouvement, son orbite pivote, formant une figure en rosette. Cet effet, connu sous le nom de précession de Schwarzschild, avait déjà été mesuré autour de Sagittarius A* et se produit indépendamment de la rotation du trou noir. Cependant, si le trou noir est en rotation, un effet différent entre en jeu : en tournant, le trou noir entraîne et déforme l’espace-temps environnant, un phénomène connu sous le nom d’ef- fet Lense-Thirring. L’étoile S301 s’approche si près du trou noir qu’elle peut res- sentir les effets de ce phénomène. La distorsion de l’espace-temps autour du trou noir modifierait légèrement l’orbite de S301 à chaque passage rapproché. Au bout de plusieurs années, la différence entre les orbites prévues pour un trou noir statique et pour un trou noir en rotation serait faible (comparable aux di- mensions de l’orbite terrestre autour du Soleil), mais suffisamment significative pour être mesurée grâce au VLTI et à l’Extremely Large Telescope (ELT) de l’ESO, actuellement en construction. [ESO/GRAVITY collaboration/L. Calçada] nous aurait fallu observer le mouve- ment d’autres étoiles pendant en- core plusieurs décennies avant de pouvoir mesurer la rotation du trou noir. » Identifier S301 (qui apparaît dans le ciel deux milliards de fois moins brillante que Bételgeuse, l’étoile orange de la constellation d’Orion) n’a pas été une mince af- faire. L’équipe a utilisé le VLTI, une
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