MacroCosmos novembre-décembre 2026

10 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2026 ASTRO PUBLISHING qu’il est possible de distinguer des ar- tefacts de corps naturels grâce à leur mouvement orbital et leurs proprié- tés spectroscopiques, même s’ils ne mesurent que quelques mètres ; tou- tefois, ils doivent être proches et re- lativement lents. Mais cela pourrait ne pas suffire à la recherche de tech- nologies extraterrestres. Si une civilisation extraterrestre sou- haitait « espionner » la Terre, elle dis- poserait d’autres solutions, comme une sonde placée sur un astéroïde géocroiseur, ou l’équivalent d’un Cu- beSat inséré à un point de Lagrange, ou sur une orbite quasi-satellite, ou encore sur d’autres trajectoires co-or- bitales capables de rapprocher pério- diquement cette technologie de notre planète. Il serait pratiquement impossible de détecter sa présence. Même s’il avait la taille d’un petit astéroïde géocroiseur, il passerait probablement inaperçu, car nous connaissons plus de 40000 objets de ce type (les modèles statistiques suggèrent qu’il pourrait en exister I mage à basse alti- tude du site d’at- terrissage d’Apollo 12, photographiée par la LROC. On dis- tingue l’étage de descente du module lunaire Intrepid, le module scientifique lunaire Apollo (ALSEP) et le vais- seau spatial Sur- veyor III, ainsi que les traces laissées par les astronautes. L’image mesure 275 mètres de large ; le nord est en haut. [NASA/GSFC/Arizona State University] cility de la NASA, avaient révélé la présence significative d’acier inoxy- dable et d’un matériau plastique ap- pelé fluorure de polyvinyle (PVF). Ce qui paraissait être un gros « rocher spatial » a rapidement été identifié comme l’étage supérieur du lanceur Centaur de la sonde Surveyor 2, lan- cée par les États-Unis vers la Lune le 20 septembre 1966. Un cas très similaire concerne un autre astéroïde géocroiseur, décou- vert le 1 er février il y a vingt-cinq ans par le télescope Spacewatch (ob- servatoire Steward, Kitt Peak) et nommé 2001 DO 47 . Des observations de suivi réalisées avec le Goldstone Solar System Radar (Barstow, Califor- nie) ont révélé des anomalies dans son mouvement : au lieu d’être uni- forme, il présentait des déplace- ments atypiques pour un astéroïde. Ces anomalies se sont avérées par la suite coïncider avec une série d’allu- mages de moteurs de la sonde Wind de la NASA. Un autre exemple éloquent est celui du NEA 2005 VL 1 , initialement classé comme astéroïde, puis comme co- mète sombre en raison d’une accélé- ration non gravitationnelle inhabitu- elle, et récemment identifié avec une forte probabilité comme la sonde spatiale soviétique Venera 2. Lancée le 12 novembre 1965 avec Vénus comme destination, elle a été perdue peu avant d’atteindre l’objectif. Les événements de NEA 2020 SO, 2001 DO 47 et 2005 VL 1 démontrent V ue d’ensemble du site d’atterrissage d’Apollo 17, photographiée par la LROC. Outre le module lunaire Challenger (largeur maximale de 9,4 mètres), l’équipement ALSEP est visible à gauche et l’emplacement final du rover lunaire (LRV) à l’extrême droite. Dans le cadre, un agrandissement du module lunaire Challenger. [NASA/GSFC/ASU/Jason Davis]

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