MacroCosmos juillet-août 2026

23 ASTRO PUBLISHING thèse largement acceptée concer- nant la formation des planètes et ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension de la formation et de l’évolution des exoplanètes. « Ces découvertes démontrent la capacité de Gemini à nous aider à compren- dre les caractéristiques de l’extraor- dinaire diversité des exoplanètes de notre voisinage solaire » , a déclaré Chris Davis, directeur du programme NOIRLab de la NSF. « De telles décou- vertes ne sont possibles qu’avec les instruments de pointe de Gemini. » On pense que les planètes géantes chaudes comme WASP-189 b possè- dent une couche externe de gaz dont la composition chimique est in- fluencée par le disque protoplané- taire au sein duquel elles se sont formées. Les chercheurs estiment que le rapport des éléments consti- tutifs des roches dans un disque pro- toplanétaire correspond à celui de l’étoile hôte, car les deux provien- nent du même nuage primordial de matière. Ce lien chimique supposé entre une étoile et les planètes qui se forment autour d’elle est couram- ment utilisé pour modéliser la com- position des exoplanètes rocheuses. Ce lien était auparavant basé sur des mesures effectuées au sein de notre système solaire et n’avait pas été di- rectement observé sur d’autres pla- nètes, jusqu’à présent. « WASP-189 b nous fournit un point de repère observationnel fondamental pour notre compréhension de la forma- tion des planètes rocheuses, car elle apporte une grandeur mesurable qui valide la similarité présumée entre la composition stellaire et la proportion de matière rocheuse au- tour des étoiles hôtes utilisée pour former les planètes » , explique San- chez. Cette hypothèse est non seule- ment utile pour comprendre la formation planétaire, mais elle est également fondamentale pour l’as- trobiologie, qui comprend l’étude des environnements habitables dans le système solaire. En mesurant la composition chimique d’une étoile, les scientifiques peuvent déduire l’abondance des éléments constitu- tifs des roches dans ses exoplanètes, ce qui permet de déterminer les conditions géochimiques qui ren- dent une planète habitable. Par exemple, sur Terre, les éléments constitutifs des roches sont en partie responsables de notre champ ma- gnétique protecteur, de la tecto- nique des plaques et de la libération de substances chimiques essentielles à la vie dans notre atmosphère, nos océans et nos sols. Tandis que l’étude des exoplanètes se concentre sur la caractérisation des planètes rocheuses et cherche à clarifier leurs conditions d’habitabi- lité, la validation empirique du lien entre les compositions stellaire et planétaire représente une avancée fondamentale. Le niveau de résolu- tion spectrale nécessaire à ce type d’étude n’est actuellement disponi- ble que sur les télescopes terrestres. « Notre étude démontre la capaci- té des spectrographes terrestres à haute résolution à identifier avec précision des espèces critiques comme le magnésium et le silicium, deux éléments constitutifs des pla- nètes rocheuses » , explique Michael Line, co-auteur de l’étude et profes- seur associé à l’ASU. « Cette capacité en constante évolution ouvre une perspective entièrement nouvelle dans l’étude des atmosphères des exoplanètes. » Des observations à haute résolution et multi-longueurs d’onde supplé- mentaires des atmosphères d’exo- planètes comme WASP-189 b per- mettront de révéler la plus grande diversité des composés chimiques présents sur les mondes lointains. Ces études apporteront une compré- hension plus approfondie des con- ditions qui régissent l’origine, l’évolution et l’habitabilité poten- tielle des planètes. JUILLET-AOÛT 2026 !

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