MacroCosmos mars-avril 2026

31 MARS-AVRIL 2026 ASTRO PUBLISHING précise Michael Zhang de l’Univer- sité de Chicago, principal auteur de cette étude. « Il s’agit d’un nouveau type d’atmosphère planétaire, ja- mais observé auparavant. Au lieu des molécules habituelles que l’on s’attend à trouver sur une exopla- nète, comme l’eau, le méthane et le dioxyde de carbone, nous avons dé- couvert du carbone moléculaire, plus précisément du C 3 et du C 2 . » La présence de carbone moléculaire est très inhabituelle, car, à ces tem- pératures, si d’autres types d’atomes sont présents dans l’atmosphère, le carbone se lie à eux. (Les tempéra- tures sur la planète varient de 550 °C aux points les plus froids de la face nocturne à 1800 °C aux points les plus chauds de la face diurne.) Le carbone moléculaire est prédomi- nant uniquement en l’absence quasi totale d’oxygène ou d’azote. Parmi les quelque 150 planètes étu- diées par les astronomes, à l’intérieur comme à l’extérieur du système so- laire, aucune ne présente de carbone C ette illustration montre à quoi pourrait ressembler l’exoplanète PSR J2322- 2650b (à gauche) en orbite autour d’une étoile à neutrons en rotation ra- pide appelée pulsar (à droite). Deux faisceaux radio sont émis par les pôles ma- gnétiques du pulsar et se propagent comme le faisceau d’un phare. Les forces gravitationnelles du pulsar, bien plus massif, attirent cette planète de la masse de Jupiter, lui conférant sa forme de citron. La planète, étudiée grâce au téles- cope spatial Webb, semble posséder une atmosphère exotique, unique en son genre. Sa formation demeure un mystère. [NASA, ESA, CSA, R. Crawford (STScI)] nète avec une précision remarquable tout au long de son parcours orbital. « Ce système est unique, car nous pouvons observer la planète illumi- née par son étoile hôte, sans voir cette dernière » , explique Maya Beleznay, doctorante de troisième année à l’Université de Stanford en Californie, qui a travaillé sur la modé- lisation de la forme de la planète et de la géométrie de son orbite. « Nous obtenons ainsi un spectre d’une pu- reté exceptionnelle et pouvons étu- dier ce système avec plus de détails que les exoplanètes ordinaires. » « PSR J2322-2650b orbite autour d’une étoile étrange : elle a la masse du Soleil, mais la taille d’une ville » , ce à quoi nous nous attendions. » On savait que cet objet de masse plané- taire orbitait autour d’un pulsar, une étoile à neutrons en rotation rapide qui émet des faisceaux de rayon- nement électromagnétique à inter- valles réguliers, généralement de l’ordre de la milliseconde à la se- conde. Ces faisceaux pulsés ne sont visibles que lorsqu’ils sont dirigés di- rectement vers la Terre, à la manière des lumières d’un phare. Ce pulsar milliseconde devrait principalement émettre des rayons gamma et d’au- tres particules de haute énergie, invi- sibles à la vision infrarouge de Webb. Sans étoile brillante sur le chemin, les scientifiques peuvent étudier la pla-

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